👉La souplesse en procĂ©dure, c’est a priori une bonne idĂ©e.
Mais c’est comme tout, il faut y aller avec mesure, faute de quoi la souplesse devient contreproductive. C’est comme le col du pull : trop serrĂ©, c’est dĂ©sagrĂ©able, trop lĂąche, c’est moche❗
👉Ici, la souplesse paraĂźt opportun dĂšs lors que les droits de chacun sont respectĂ©s, et qu’une exigence supplĂ©mentaire ne se justifierait pas vraiment :
« Pour dĂ©clarer irrecevable l’appel de M. [M] , l’arrĂȘt retient que la copie de l’ordonnance jointe Ă  l’assignation Ă  jour fixe signifiĂ©e le 3 juin 2021 est dĂ©pourvue de toute signature, ce qui ne permet pas de vĂ©rifier la rĂ©gularitĂ© de la procĂ©dure par comparaison avec l‘ordonnance signĂ©e figurant au dossier de la cour.
En statuant ainsi, en prononçant l’irrecevabilitĂ© de l’appel au seul vu de la copie de l’ordonnance non signĂ©e, alors qu’elle devait vĂ©rifier sa concordance par rapport Ă  l’exemplaire figurant au dossier de la procĂ©dure, notamment quant Ă  son contenu et Ă  la mention de la date de l’audience, la cour d’appel, faisant preuve d’un formalisme excessif, a violĂ© les textes susvisĂ©s. » (Civ. 2e, 12 dĂ©c. 2024, n° 22-11.816, P).
👉Ce qu’il faudrait Ă©viter, c’est une partie qui signifierait avec l’assignation une ordonnance diffĂ©rente quant Ă  son contenu et Ă  la mention de la date d’audience, comme le relĂšve la Cour de cassation. Et franchement, on a peine Ă  imaginer qu’une partie, surtout qu’elle sera reprĂ©sentĂ©e, puisse modifier l’ordonnance, pour, par exemple, assigner Ă  une autre date, ou une autre heure đŸ€·â€â™‚ïž
👉DĂšs lors que le signifiĂ© se voit remettre l’ordonnance, mĂȘme non signĂ©e, portant les mentions et indications exactes, ses droits sont respectĂ©s. Et le cas Ă©chĂ©ant, l’avocat constituĂ© pour dĂ©fendre cette partie pourrait vĂ©rifier les informations contenues.
👍Donc, oui, nous ne pouvons que valider cette souplesse bienvenue.
La procĂ©dure, ça ne doit pas ĂȘtre le moyen donnĂ© Ă  une partie pour se dĂ©barrasser d’un dossier au motif qu’il manque une virgule.
đŸ€šIl faut du sens.
Mais attention cependant Ă  ne pas aller trop loin, ce qui peut ĂȘtre tentant.
MĂȘme si trop souvent, le sens n’est pas compris par les avocats, il peut exister.
Il ne faut pas tomber dans l’excùs consistant à voir tout obstacle comme un formalisme excessif.
👉Car, et c’était Ă©videmment prĂ©visible, tout avocat en difficultĂ© parce qu’il a loupĂ© une marche, brandit le formalisme excessif : j’ai oubliĂ© de notifier mes conclusions Ă  une partie : formalisme excessif ; j’ai oubliĂ© une demande dans le dispositif de mes conclusions : formalisme excessif ; j’ai fait ma diligence passĂ© un jour : formalisme excessif, etc.
Et c’est Ă  quoi nous confrontĂ©s au quotidien, dans les incidents.
👉Lorsque l’argumentation juridique pour combattre le moyen de procĂ©dure est inconsistante, notamment parce qu’il n’y a rien Ă  dire, la rĂ©ponse qui nous faite est celle-ci : article 6§1 car ça m’enlĂšve l’accĂšs Ă  la justice ou alors ce serait un formalisme excessif que de faire droit Ă  ce moyen de procĂ©dure.
Mais l’article 6§1 ou le formalisme excessif doit rĂ©pondre Ă  des cas bien dĂ©finis.
Ce n’est pas la formule miracle qui doit marcher à tous les coups pour se tirer d’une mauvaise passe !

Auteur: 
Christophe Lhermitte