đïž Encore un arrĂȘt qui montre que lâarticle 6§1 peut ĂȘtre utilement invoquĂ©.
Une partie fait appel.
LâintimĂ© Ă©tant dĂ©faillant, le greffe dĂ©livre un avis 902 dâavoir Ă faire signifier la dĂ©claration dâappel.
Jusque-lĂ , rien dâanormal⊠si ce nâest que lâappelant nâest pas en possession de lâacte dâappel.
Il est vrai que la rĂ©action de lâappelant nâest alors pas trĂšs comprĂ©hensible : il ne dit rien et se contente de signifier⊠lâavis 902.
Ăvidemment, lâintimĂ© se jette sur le truc et invoque fort logiquement la caducitĂ© de la dĂ©claration dâappel. Il ne pouvait faire autrement.
Sur dĂ©fĂ©rĂ©, la cour dâappel souligne que « Il est constant quâĂ cette date, les sociĂ©tĂ©s appelantes ne disposaient pas du fichier rĂ©capitulatif Ă leur nom. NĂ©anmoins, elles ne lâont pas rĂ©clamĂ© au greffe lorsque celui-ci leur a transmis lâavis de dĂ©claration dâappel Ă la partie intimĂ©e en application de lâarticle 902 du code de procĂ©dure civile. » (CA Reims, 1re ch. sect.civ., 1er fĂ©vr. 2022, n° 21/02043).
Câest un peu gonflĂ©, je trouve. Vous nâaviez pas la DA parce quâon ne vous lâa pas envoyĂ©e, mais câĂ©tait Ă vous dâen faire la demande đł
đAlors, oui, lâappelant devait en faire la demande. Mais cette abstention ne mĂ©ritait pas une sanction alors que câest le greffe qui est Ă lâorigine de lâerreur đ€·ââïž
Dans ce cas, lâarticle 6§1 devait sauver lâappelant qui a fait au mieux (ou presque) en faisant signifier ce quâil avait sous la main.
La Cour de cassation sauve lâappel :
đïž Â« En statuant ainsi, alors quâelle constatait, dâune part, que lorsque le greffe de la cour dâappel avait informĂ© les appelantes que lâintimĂ©e nâavait pas constituĂ© avocat dans le dĂ©lai prescrit et leur avait demandĂ© de procĂ©der par voie de signification conformĂ©ment aux dispositions de lâarticle 902, celles-ci ne disposaient pas du fichier rĂ©capitulatif Ă leur nom, dont lâenvoi par le greffe est prĂ©vu par lâarticle 8 de lâarrĂȘtĂ© du 20 mai 2020, et avaient signifiĂ© le seul document qui Ă©tait en leur possession, dâautre part, que lâintimĂ©e avait ensuite constituĂ© avocat et avait ainsi Ă©tĂ© informĂ©e de lâacte dâappel, la cour dâappel a fait preuve dâun formalisme excessif et a violĂ© les textes susvisĂ©s » (Civ. 2e, 27 mars 2025, n° 22-17.022, PubliĂ© au bulletin).
đ€En revanche, ce qui interroge davantage est le « dâautre part » de lâarrĂȘt.
Est-ce Ă dire que la caducitĂ© pour absence de signification de la dĂ©claration dâappel nâest pas encourue, mĂȘme si lâappelant Ă©tait en possession de la dĂ©claration dâappel, dĂšs lors que lâintimĂ© a constituĂ© avocat et est donc informĂ© de lâacte dâappelâ
Car alors, ça pose problĂšmeđ€š
Lâabsence de diligence, sanctionnĂ©e par la caducitĂ©, glisserait vers une nullitĂ© pour vice de forme qui ne le dit pas clairement.
Une partie qui nâa pas fait signifier lâacte dâappel a tout intĂ©rĂȘt Ă sâemparer de cet arrĂȘt pour soutenir que de toute maniĂšre, la partie a pu constituer avocat et avoir connaissance de lâacte dâappel.
Est-ce cela quâil faut lire entre les lignesâ ce qui constituerait un revirement spectaculaire de la jurisprudence en la matiĂšre.
Lâarticle 902 prĂ©voit une nullitĂ© pour vice de forme au regard du contenu de lâacte. Mais si lâappelant ne fait pas signifier lâacte dâappel, câest une caducitĂ© pour absence de diligence. Câest lâĂ©tat actuel de la jurisprudence.
A-t-elle fait long feuâĂ suivreâŠ